mercredi, juillet 20, 2011

Le jardin clair c'est la santé.

Un petit bouquet de délicates roses ce matin, un petit bouquet de rouges splendeurs dans un jardin. Un beau soleil éclabousse ma fenêtre. L'air est limpide et frais. Une splendide journée s'annonce gaiement. Allons, prenons besace et bâton et partons le long des petits chemins par ici. Il ne sied pas de rester enfermé lorsque l'azur infini inonde les grands cieux. Allons, allons, en route vite. La nature nous appelle et nous tend les bras. Voici une grande buse, notre amie, pour nous guider. Elle s'impatiente en faisant de grandes boucles au dessus des jardins endormis. Allons, allons,...

Émile VERHAEREN (1855-1916)

Le clair jardin c'est la santé.

Il la prodigue, en sa clarté,
Au va-et-vient de ses milliers de mains,
De palmes et de feuilles,

Et la bonne ombre, où il accueille,
Après de longs chemins,
Nos pas,
Verse, à nos membres las,
Une force vivace et douce
Comme ses mousses.

Quand l'étang joue avec le vent et le soleil,
Un coeur vermeil
Semble habiter au fond de l'eau
Et battre, ardent et jeune, avec le flot ;
Et les glaïeuls dardés et les roses ferventes,
Qui dans leur splendeur bougent,
Tendent, du bout de leurs tiges vivantes,
Leurs coupes d'or et de sang rouge.

Le jardin clair c'est la santé.

Excellente journée à Vous mes Amies.
Ivano

mardi, juillet 19, 2011

Dauphinelles Ajax roses

Bonjour mes si extraordinaires Amies, Vous vous souvenez de nos belles dauphinelles Ajax violettes qui s'étaient invitées au gré des vents dans mon jardin. En fait j'avais eu la surprise de découvrir aussi ces fleurs en version rose clair. Je vous avais promis de vous publier la photo, voici, c'est chose faite. C'est pour vous souhaiter une bonne semaine ou de bonnes vacances.

Il pleut, il fait froid, on se croirait presque en automne, même en Haute Provence. Pourtant nous avons les lavandes et les cigales joyeuses.
Ivano

http://fr.wikipedia.org/wi​ki/Dauphinelle

mercredi, juillet 13, 2011

Au réveil il était midi.

Un petit bouquet de lauriers de mon jardin.
Ce matin, il pleut enfin. C'est si agréable une belle pluie pour tout rafraichir. Les plantes, les grands arbres avaient très soif.
Excellente journée à vous mes Amies. Le ciel tonne et gronde. De beaux et lourds nuages sombres tempêtent. La nature est en fête.
Ivano


Arthur RIMBAUD (1854-1891)

Aube

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.
Akènes du soir, bonsoir, bonsoir. Ils sont prêts à partir au gré des vents, ils sont en attente du souffle qui les emportera. Finalement ces akènes sont espoir. Pour vivre, il faut partir et chercher à prendre racines ailleurs. Un akène emporte avec lui la longue mémoire de sa famille, de son espèce, de son clan. A cela il ajoute le vécu de la plante et de la fleur mère. Une seule règle: s'adapter et survivre, donner la vie et transmettre l'héritage de la mémoire.

C'est ce qui est le plus fascinant dans l'observation de la nature, elle semble ne se poser aucune question et ne poursuivre qu'un seul but: vivre et ce peu importe la forme et les mutations. Ce n'est pas de l'existentialisme, ce n'est pas une nécessité, pas un hasard, pas même une destinée, non, c'est une chose simple venue de nulle part, venue de l'origine du monde, comme l'injonction:
"croissez et multipliez vous".
Pourquoi? Dans quel but? Ce n'est pas précisé. Il n'est pas nécessaire d'être conscient pour faire cela.
Des akènes dans la nuit. Ils frémissent mais ne s’envolent pas encore. Ils sont prêts pourtant. A quoi peuvent-ils bien "penser"?
Bonne soirée.
Ivano

lundi, juillet 11, 2011

Petite touche de fraicheur anisée pour l'été.

La petite photo de la ballade du soir. Je viens de la réaliser. Des fleurs de fenouil. Elles sentent très bon. Bonne soirée mes Amies et bon week end.
Ivano

J'ai testé ces fleurs de fenouil en cuisine, le goût anisé est très fort, très ...comment dire, c'est à la fois fort, très parfumé et pourtant cela reste doux. Il en faut très peu, cela parfume vite tout le plat. La petite touche anisée fraiche pour l'été.

 

Bleus chardons rigides.

Bon début de semaine mes Amies. Les premiers chardons bleus, je trouve qu'ils sont en avance cette année. C'est le début, ils commencent juste à bleuir. C'est ma fleur préférée. Sur la photo, des petits escargots parasites qui essaient de trouver un peu d'humidité par ces chaleurs de juillet.
Ivano

Je cherche des poésies au sujet des chardons bleus et je tombe sur des textes quasi mystiques. Serait-ce donc une des symboliques de cette fleur, si bien perçue par nos poètes?


Jean LORRAIN (1855-1906)

D'après un Jacquemain

C'était un grand bois calme aux troncs baignés d'azur.
Une tête d'angoisse aux yeux d'illuminée
Flambants et bleus, pensive et de pleurs ravinée,
S'y dressait, fleur de songe, au fond du clair-obscur.

Tête de sainte errante ou de suppliciée ...
Une énorme couronne au bois piquant et dur,
La couronne du Christ étreignait ce front pur
Et doux, striait de sang la face extasiée.

Et tandis que les yeux allumés de ferveur
Défaillaient et brûlaient, à la fois fous et vides,
Entre ses pauvres mains de bleus chardons rigides

S'écrasaient sur sa robe à la place du coeur.
Oh ! ces yeux suppliants, enivrés et livides,
De femme au front saignant d'épines, ô Douleur !

vendredi, juillet 08, 2011

La lune sur les blés roulait sa belle meule

Une fleur d'oignon sauvage rencontrée lors d'une petite promenade, par ici, vous savez, au sud de nulle part. Seul au monde à contempler cette fleur majestueuse dans un sous bois paisible. Aussi j'ai voulu capturer son image pour partager cela avec Vous, mes douces Amies passionnées des fleurs des champs. Il serait possible de rester des heures à les contempler, en manchonnant un brin d'herbe, tranquillement allongé. Oui, je comprends les extases quasi mystique de Jean Jacques Rousseau, perdu dans ses contemplations de ces merveilles que la nature nous offre pour réjouir nos jours.
Je vous souhaite une excellente journée.
Ivano

http://fr.wikipedia.org/wi​ki/Oignon

Cécile SAUVAGE (1883-1927)

L'enchantement lunaire endormant la vallée
Et le jour s'éloignant sur la mer nivelée
Comme une barque d'or nombreuse d'avirons,
J'ai rassemblé, d'un mot hâtif, mes agneaux ronds,
Mes brebis et mes boucs devenus taciturnes
Et j'ai pris le chemin des chaumières nocturnes.
Que l'instant était doux dans le tranquille soir !
Sur l'eau des rayons bleus étant venus s'asseoir
Paraissaient des sentiers tracés pour une fée
Et parfois se plissaient d'une ablette apeurée.
Le troupeau me suivait, clocheteur et bêlant.
Je tenais dans mes bras un petit agneau blanc
Qui, n'ayant que trois jours, tremblait sur ses pieds roses
Et restait en arrière à s'étonner des choses.
Le silence était plein d'incertaines rumeurs,
Des guêpes agrafaient encor le sein des fleurs,
Le ciel était lilas comme un velours de pêche.
Des paysans rentraient portant au dos leur bêche
D'argent qui miroitait sous un dernier rayon,
Et des paniers d'osier sentant l'herbe et l'oignon.
Les champs vibraient encor du jeu des sauterelles.
Je marchais. L'agneau gras pesait à mes bras frêles.
Je ne sais quel regret me mit les yeux en pleurs
Ni quel émoi me vint de ce coeur sur mon coeur,
Mais soudain j'ai senti que mon âme était seule.
La lune sur les blés roulait sa belle meule ;
Par un même destin leurs jours étant liés,
Mes brebis cheminaient auprès de leurs béliers ;
Les roses défaillant répandaient leur ceinture
Et l'ombre peu à peu devenait plus obscure.
 
 

jeudi, juillet 07, 2011

ils regardent sans voir La rose du vitrail toujours épanouie.

Un petit bouquet de fleurs blanches, comme des petites croix de Malte dans les champs, un petit bouquet de fleurs blanches le long d'un petit sentier magique, un petit bouquet de fleurs blanches comme une invitation au Paradis. Il me plait de laisser mon imagination s'enflammer et me dire: "ce petit sentier est un accès aux champs Élyséens". A tout moment je m'attends à voir surgir une Muse, un Héros, une Déesse endormie, là sous ce grand chêne paisible. le vent léger qui fait bruisser les cimes des grands arbres est comme le chuchotement des Voix de tout ce monde Invisible. Il faut franchir la porte...oui, ce petit sentier conduit bien au Paradis.
Je blague, je blague mes si douces Amies. J'aime vous raconter les choses du temps arrêté par ici, ces petites choses qui finalement sont les plus importantes, ce sont elles qui rendent vraiment heureux.
Excellente journée à Vous, mes tendres, mes douces.
Ivano

Victor HUGO (1802-1885)
Cet homme, que voici lugubre, était joyeux.
Mille éblouissements émerveillaient ses yeux.
Printemps ! en ce jardin abondaient les pervenches,
Les roses, et des tas de pâquerettes blanches
Qui toutes semblaient rire au soleil se chauffant,
Et lui-même était fleur, puisqu'il était enfant.
 
 
Émile VERHAEREN (1855-1916)
Les jardins

Le paysage il a changé - et des gradins,
Mystiquement fermés de haies,
Inaugurent parmi des plants d'ormaies.
Une vert et or enfilade de jardins.

Chaque montée est un espoir
En escalier vers une attente ;
Par les midis chauffés la marche est haletante
Mais le repos attend au bout du soir.

Les ruisselets qui font blanches les fautes
Coulent autour des gazons frais :
L'agneau divin avec sa croix s'endort auprès,
Tranquillement, parmi les berges hautes.

L'herbe est heureuse et la haie azurée
De papillons de verre et de bulles de fruits.
Des paons courent au long des buis ;
Un lion clair barre l'entrée.

Des fleurs droites comme l'ardeur
Extatique des âmes blanches
Fusent en un élan de branches
Vers leur splendeur.

Un vent très lentement ondé
Chante une extase sans parole ;
L'air filigrane une auréole
A chaque disque émeraudé.

L'ombre même n'est qu'un essor
Vers les clartés qui se transposent
Et les rayons calmés reposent
Sur les bouches des lilas d'or.
 
De belles fleurs byzantines sur fond de sècheresse, de belles orientales de pastels délicats drapées, souriantes, paisibles, amusantes.
-Ah m'ont elles dit, un visiteur. Voulez vous nous accorder un pas de danse sur les herbes sèches?
J'ai éclaté de rire. Un vent léger frissonnait sur leurs feuilles duveteuses.
-Ah mes amies, vous ne manquez point d'humour. Prisonnières sur vos racines voici que vous m'invitez. Allons soit, j'accepte.
Les belles Byzantines en furent ravies. Ma Copine dans l'Invisible se moquait. Quel étrange tour allait Elle encore me jouer?
J'ai tendu ma main vers une des feuilles et oh magie, oh mystère...voici que le plus extraordinaire des voyages commençait...

Bises, mes Amies. Non, non, ne me lisez pas, ne vous laissez pas entrainer dans mes petites histoires.
Ivano


José-Maria de HEREDIA (1842-1905)

Vitrail

Cette verrière a vu dames et hauts barons
Étincelants d'azur, d'or, de flamme et de nacre,
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre,
L'orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu'ils allaient, au bruit du cor ou des clairons,
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre,
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d'Acre,
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd'hui, les seigneurs auprès des châtelaines,
Avec le lévrier à leurs longues poulaines,
S'allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe,
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir
La rose du vitrail toujours épanouie.